Les premières assemblées provinciales créées dans le Berry et la Haute-Guyenne par Jacques Necker en 1778-1779, loin d’être conçues comme institutions représentatives, furent confinées à la seule fonction administrative, afin d’aboutir à une meilleure répartition des impôts. En revanche parmi les critiques qu’elles engendrèrent on vit surgir des arguments qui mirent en évidence les implications politiques d’un système destiné à entraîner une véritable représentation nationale. Il s’agit d’un cas remarquable, où la critique crée l’objet, qui est ici analysé à travers un texte manuscrit anonyme rédigé en 1781, accompagné des réfutations sorties des milieux proches de Necker. Il se pose comme expression exemplaire d’une culture politique hostile au changement, dans le contexte de la société d’Ancien régime. De ces critiques ressort le rejet d’une notion de représentation aux fondements économiques, axée sur le rôle central des propriétaires fonciers et sur l’impact politique et social de la gestion des impositions, que l’auteur dénonce comme redevable à la physiocratie et incompatible avec la monarchie absolue et la société d’ordres.
L’invention de la représentation. Au-delà des intentions : une critique inédite des assemblées provinciales de Necker
Manuela Albertone
2025-01-01
Abstract
Les premières assemblées provinciales créées dans le Berry et la Haute-Guyenne par Jacques Necker en 1778-1779, loin d’être conçues comme institutions représentatives, furent confinées à la seule fonction administrative, afin d’aboutir à une meilleure répartition des impôts. En revanche parmi les critiques qu’elles engendrèrent on vit surgir des arguments qui mirent en évidence les implications politiques d’un système destiné à entraîner une véritable représentation nationale. Il s’agit d’un cas remarquable, où la critique crée l’objet, qui est ici analysé à travers un texte manuscrit anonyme rédigé en 1781, accompagné des réfutations sorties des milieux proches de Necker. Il se pose comme expression exemplaire d’une culture politique hostile au changement, dans le contexte de la société d’Ancien régime. De ces critiques ressort le rejet d’une notion de représentation aux fondements économiques, axée sur le rôle central des propriétaires fonciers et sur l’impact politique et social de la gestion des impositions, que l’auteur dénonce comme redevable à la physiocratie et incompatible avec la monarchie absolue et la société d’ordres.| File | Dimensione | Formato | |
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