Cet essai examine les documents issus des dossiers des anciennes élèves du Centro Sperimentale di Cinematografia, l’institution fondée par le régime en 1935 et longtemps dirigée par Luigi Chiarini. Ces dossiers contiennent, d’une part, des notes disciplinaires, des lettres de recommandation de personnalités de la vie politique et culturelle de l’époque ainsi que des lettres des parents des élèves, reflétant le regard du pouvoir institutionnel, politique et parental sur les jeunes femmes. D’autre part, nous trouvons les véritables écritures des étudiantes, différenciées selon profil du destinataire et gradation de liberté d’expression, représentatives des différents types d’écriture du soi : dissertations, lettres de candidature aux cours, « lettres au pouvoir » et des nombreuses lettres adressées à Chiarini lui-même. On retrouve ainsi, esquissés dans les sources, deux ordres du discours, dont on suivra les croisements : d’une part, le regard du pouvoir sur les jeunes femmes, qui les définit en tant que catégorie politique et qui leur propose l’horizon imaginaire de modèles à la fois désirables et permis ; d’autre part, la configuration de la subjectivité féminine par rapport à cet horizon ; le regard des jeunes femmes sur elles-mêmes. Comment entrent-elles en dialogue avec les modèles qui leur sont proposés par le discours du régime ? Dans quel pourcentage sont ces discours intériorisés ? Dans ces écrits, est-il possible d’identifier des microrésistances qui tiennent compte des complexités associées à ce que Michel Foucault a appelé la « polyvalence tactique du discours » ?
"Lire entre les lignes". Subjectivités féminines et idéaux fascistes dans les écrits des élèves du Centro Sperimentale di Cinematografia (1935-1943)
maria ida bernabei
2025-01-01
Abstract
Cet essai examine les documents issus des dossiers des anciennes élèves du Centro Sperimentale di Cinematografia, l’institution fondée par le régime en 1935 et longtemps dirigée par Luigi Chiarini. Ces dossiers contiennent, d’une part, des notes disciplinaires, des lettres de recommandation de personnalités de la vie politique et culturelle de l’époque ainsi que des lettres des parents des élèves, reflétant le regard du pouvoir institutionnel, politique et parental sur les jeunes femmes. D’autre part, nous trouvons les véritables écritures des étudiantes, différenciées selon profil du destinataire et gradation de liberté d’expression, représentatives des différents types d’écriture du soi : dissertations, lettres de candidature aux cours, « lettres au pouvoir » et des nombreuses lettres adressées à Chiarini lui-même. On retrouve ainsi, esquissés dans les sources, deux ordres du discours, dont on suivra les croisements : d’une part, le regard du pouvoir sur les jeunes femmes, qui les définit en tant que catégorie politique et qui leur propose l’horizon imaginaire de modèles à la fois désirables et permis ; d’autre part, la configuration de la subjectivité féminine par rapport à cet horizon ; le regard des jeunes femmes sur elles-mêmes. Comment entrent-elles en dialogue avec les modèles qui leur sont proposés par le discours du régime ? Dans quel pourcentage sont ces discours intériorisés ? Dans ces écrits, est-il possible d’identifier des microrésistances qui tiennent compte des complexités associées à ce que Michel Foucault a appelé la « polyvalence tactique du discours » ?| File | Dimensione | Formato | |
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