Cet article analyse le rôle du langage juridique dans la reproduction et la légitimation des inégalités de genre au sein des décisions pénales et, en matière civile, de celles rendues en droit de la famille, portant sur les violences masculines à l’égard des femmes en Italie. La réflexion proposée s’inscrit dans une perspective juridique féministe et mobilise l’analyse critique du discours, éclairée par les apports de la psychologie sociale sur les stéréotypes et les biais implicites, comme outil méthodologique au service de l’enquête juridique. Elle met en lumière la manière dont les jugements intègrent et réactivent des stéréotypes sexistes, racialisés et générationnels qui fragilisent la crédibilité des femmes, banalisent les violences et contribuent à des processus de victimisation secondaire. L’étude s’appuie sur le projet de recherche JUSTEqual, fondé sur l’analyse d’un vaste corpus de décisions judiciaires visant à identifier les mécanismes discursifs de minimisation, de neutralisation et de disqualification de la violence. À travers une lecture intersectionnelle attentive à l’articulation entre genre, racialisation et âge, elle montre que ces pratiques langagières affectent directement l’accès effectif à la justice et la reconnaissance des droits fondamentaux des femmes. L’article souligne enfin la nécessité d’une transformation des pratiques des professions juridiques en vue de promouvoir une véritable justice langagière sensible au genre

Langage juridique, stéréotypes de genre et accès à la justice : une lecture intersectionnelle des violences masculines à l’égard des femmes en Italie

J. LONG
First
2026-01-01

Abstract

Cet article analyse le rôle du langage juridique dans la reproduction et la légitimation des inégalités de genre au sein des décisions pénales et, en matière civile, de celles rendues en droit de la famille, portant sur les violences masculines à l’égard des femmes en Italie. La réflexion proposée s’inscrit dans une perspective juridique féministe et mobilise l’analyse critique du discours, éclairée par les apports de la psychologie sociale sur les stéréotypes et les biais implicites, comme outil méthodologique au service de l’enquête juridique. Elle met en lumière la manière dont les jugements intègrent et réactivent des stéréotypes sexistes, racialisés et générationnels qui fragilisent la crédibilité des femmes, banalisent les violences et contribuent à des processus de victimisation secondaire. L’étude s’appuie sur le projet de recherche JUSTEqual, fondé sur l’analyse d’un vaste corpus de décisions judiciaires visant à identifier les mécanismes discursifs de minimisation, de neutralisation et de disqualification de la violence. À travers une lecture intersectionnelle attentive à l’articulation entre genre, racialisation et âge, elle montre que ces pratiques langagières affectent directement l’accès effectif à la justice et la reconnaissance des droits fondamentaux des femmes. L’article souligne enfin la nécessité d’une transformation des pratiques des professions juridiques en vue de promouvoir une véritable justice langagière sensible au genre
2026
5
1
29
https://revue-intersections.parisnanterre.fr/index.php/accueil/article/view/177/199
Langage juridique, stéréotypes de genre , accès à la justice
J. LONG
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